Yves - ma poésie
POÈMES PRIMÉS - Humains face à la Nature - Humains face à face - Calligrammes - Prose poétique - Haïkus

concours Valréas


1) liste des poèmes 2) chronologie des prix

1) LISTE


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Concours de Montmélian 20-21 novembre en cours d'installation, un 1er PRIX et une Mention...




GRAND PRIX Charles le Quintrec SAPF 2021
 
4) STANCES ÉLÉGIAQUES
à A. de Lamartine (À une jeune fille poète),
à I. K. J.

classique
Quand à l’horizon flou, des tourmentes nocturnes
Font battre la chamade aux chairs et purs esprits
Et colorent de noir les projets taciturnes,
Des orages obscurs arborent leur mépris.

  Un monde d'ombre émerge écumant les lumières,
La nuit cerne les cieux et l’astre clôt ses feux,
L’attente des aimés gémit sous leurs paupières,
Les rêves consumés terrent leurs camaïeux.
Mais dans notre univers de la Terre aux étoiles,
Des rais dans la tourmente alimentent l’espoir,
Des serments courageux ont déployé des voiles
Et l’ardeur a vaincu la terreur de déchoir.

Feuilles en sang d’automne, abjurez l’amarante,
Racines d’infini, chantez l’âme d’un cœur,
Doux oiseaux messagers, consolez une amante,
Ô ma mélancolie, entends-tu le bonheur?


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PRIX JULE SUPERVIELLE SPF 2021
TERRE DES POÈTES
classique rimes toutes féminines
Sur notre belle star, diamant poétique,
À l’azur cristallin, aux paradis d’argile,
Séjournent des humains au présent pathétique
Pressentant un futur sans cesse plus fragile.

Les épris du passé se souviennent d’un rire,
De délices dansants, des aurores des pôles,
D’un secret clandestin, de l’ivresse d’écrire,
De notre Ève et son fruit, des lueurs des épaules.


Les bannis de l’amour espèrent l’embellie,
L’orage impétueux, l’extase qui foudroie,
Et ne pas endurer le destin d’Ophélie,
Pour enfin partager le bonheur qui flamboie.
Alors, tous ces mortels, ces âmes accablées,
Souvent en bord d’abîme et se croyant infimes,
Doivent se rappeler que les femmes comblées,
Alimentent la ferveur éclairant l’art des rimes,

Et que pour les amants, qu’il soit joute ou orchestre,
Dans la conque des cœurs ou les fières conquêtes,
Le temps perpétuel de la sphère terrestre
Rythme l’essentielle harmonie des poètes.

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GRAND PRIX SPAF 2021 de la Délégation Lorraine Grand-Est
pour CINQ poèmes:
1) FUGUE MÉLANCOLIQUE* (et 2ème PRIX à PLUME D'ANCRE - Amiens - Somme),
2) LA FILEUSE ET LA VIE*, 3) LE VOLCAN DES POÈTES*, ainsi que STANCES ÉLÉGIAQUES ci-dessus, et:

5) OFFRANDE MARINE
à Esther Granek (Offrande)
classique 8 pieds, alternance des rimes par strophes entières

Quand l’humain se grise de mort

Et dans la bassesse s’endort,
Fais ton esprit s’éparpiller
Et dans l’azur s’émerveiller.

Quand les lourdes heures se meurent,
Que les aurores sont des leurres,
Revis la magie du silence,
Plonge toi dans son opulence.

Dans l’ombre du sable froissé
S’estompent les pas du passé,
Ouvre tes sens à son récit
Sur l’océan qui s’obscurcit.
 

Va, cours sur les rives désertes,
Aux vallons des dunes offertes
Où s’incrustent les coquillages
Et les galets pris en otages.


Cueille la fleur nacre du sel
Qui danse tel en carrousel
Au creux des brumes de l’ennui
Et répand son goût d’infini.



Lorsque parfois le cœur zigzague,
Rêve devant l’ourlet des vagues,

Vois ces ornements éphémères,
Tissés d’éclairs et de mystères.
 

Fais du présent un beau cadeau,
Écris un amoureux rondeau,
Car pour les bienheureux amants
Tous poèmes sont diamants.

Ris dans l’écume des étoiles,
Pour les zéphyrs hisse les voiles,
Vibre d’amour, de confiance,
Trace un sillage d’espérance.

Dans sa riche sonorité
Entends la calme vérité,
Accoste heureux en tout honneur,
Pierre de touche du bonheur.


 
philosophie du zazen

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1ER PRIX classique CONCOURS ARTHUR RIMBAUD 2021
 2ème prix de Plume d'ANCRE (Somme), Académie Léon Tonnelier, Prix d'honneur au concours Mirabelle 2021,
avec 3 Mentions d'honneur SPAF Nationale

1) FUGUE MÉLANCOLIQUE (pour lequel le jury SPAF a déclaré avoir... succombé à sa mélodie...)
à Paul Verlaine (Chanson d’automne*)
classique 6 pieds
Quand la feuille se pose
Et couvre le sol d'or,
Elle est comme la rose
Qui transcende sa mort,
 
Mélancolique.

Cela semble l'automne
Mais ce n'est que le soir,
Et le ciel monotone
Luit tel un encensoir,
 
Dans sa langueur.


Un violon frissonne,
Son blême, impénitent,
  Et quand son heure sonne,
Tinte un glas suffocant,
 
Désespérant.
Dans mon cœur la blessure,
Des pleurs se souvient,
Et rouvre la fissure
Qui souvent revient,
 
Machiavélique.
**

Dans la nuit qui va naître
Il reste dans mes doigts
Mes pleurs à la fenêtre
  M'emportant par les toits,
;
Au vent mauvais
.

* Les sanglots longs / Des violons / De l’automne
Blessent mon cœur / D’une langueur / Monotone
Tout suffocant / Et blême, quand / Sonne l’heure,
Je me souviens / Des jours anciens / Et je pleure
Et je m’en vais / Au vent mauvais / Qui m’emporte
Deçà, delà, / Pareil à la / Feuille morte.
** Machiavel étant un nom propre se prononçant ma(k)-ia-vel, il n’y a pas de diérèse...
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2) LA FILEUSE ET LA VIE
classique ci-dessous
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3) LE VOLCAN DES POÈTES
à Louis Aragon:
«Ses secrets partout qu’il expose,/Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses/Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé» (Les oiseaux déguisés)

à Marie
classique
secretsLes  du passé, souvenirs crépitants,
La flamme de l’écrit, l’intimité hardie,
L’inespéré vertige, étrange «espace-temps»,
*
Promesse de mystère, ineffable incendie!

Dans les sarments des sens, cet envol des cerveaux,
Ardents regards de lave, arabesques des rêves,
Lieux d’arcanes des mots, grands espaces vocaux,
Récits parcheminés, doux chuchotis de sèves,

Fruits accomplis des fleurs dans un verger d’oiseaux,
Les flamboyants tréfonds ou le feu des pervenches,
Doigts devenus rameaux et les plumes roseaux,
Scrupules vigilants, prémices de nuits blanches,

Les stances de quatrains, mystères dévoilés,
Douleurs aux fiers éclairs, immortelles paillettes,
Gemmes des noms premiers, ces recueils étoilés,
L’émérite poète en fera des tempêtes!

* N.B.: ce concept mathématique - né il y a une centaine d’années -  s’écrit avec un tiret, il forme donc un mot d’un bloc et la «communauté scientifique francophone» s’accorde à appliquer l’élision, donc à le prononcer en 3 syllabes; mais... au risque de choquer cette communauté, une longueur de 4 syllabes a été adoptée ici pour se soumettre à une règle de la poésie classique - multi-centenaire! Que les poètes scientifiques me pardonnent!
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Concours du Salon des Poètes de Lyon
1er PRIX 2021, Prix littéraire du VENTOUX, NYONSAIS et BARONNIES Mention d’honneur 2021
RÊVERIE PASTORALE

Des échos de rêves dérivent,
des mots accompagnés
par mains et regards,
des silences sur fond de sourires,

battements du cœur
dans des secrets d’ombre,

sur mon carnet,
souvenirs de plumes,
de notes pianotées,
de soleils sous la peau,

reflets mouvants
dans les mains,

lèvres de fleurs,
nids de couleurs
pour robes futures
et ciels de brune,

étreinte des roches
et des lichens,
ballet des rais et des senteurs,
serments gravés dans les écorces,
poésie surannée
toujours vivace,

les yeux fermés des mousses
rêvent de cils autres,

dans la danse des ramées,
frissons d’ailes
et chants d’oiseaux
picorant l’azur,

fuites furtives
et vols d’ors,

la sphère de la vie,
condensée et diaphane,
d’où émergent
êtres et choses,

cendre du temps...
Au-delà, le silence.

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Joutes poétiques ROSATI 2021 Mention d'honneur

INVENTION DU BAISER
classique 7 + 5 pieds, strophes toutes féminines plurielles*
Conçus d’univers étranges,
d’écumes de liqueurs d’anges,
nous chuchotons sous nos voiles,
fascinés sous les étoiles ;
rêvant de moissons poètes,
reflets de senteurs secrètes
et d’éternelles secondes,
d’où vont s’enlacer nos mondes,
 
paradisiaques.

Enjôlés par des vertiges,
d’un mystère, les vestiges,
dépeintes par les calames
et la science des femmes,
nos larmes, transes de laves,
d’ivresses sont les esclaves,
nos voluptés sont les sèves
de confidentiels rêves,
 
aphrodisiaques.

De nos toisons embuées
naissent nos fleurs carminées,
nos avides braises fraîches
et nos désirs folles brèches ;
nos deux passions greffées
font nos âmes assoiffées,
et de bas en haut mêlées
nos lèvres se sont baisées,
 
bacchanaliaques.*

* comme les étoiles, comme les sèves, comme les lèvres !
** "Thesaurus antiquitatum et historiarum Italiae"

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Concours littéraire international Le Bleuet international 2021 3ème PRIX, 2ème PRIX Blaise Cendrars, 4ème PRIX SPAF Poitou
à René Char:
"Ne te courbe que pour aimer"
AMOURS DANS L'AZUR

Gorgée de reflets d'azur, serais-je malade?

Je valse imperturbable au rythme de la solitude,
je suis celle qui précède
la naissance de votre mémoire,
mes ombres sont chemins de clarté,
éclosant comme fleurs entre roches et nuées.

Mon céleste silence est le prix
d'une symphonie d'ors et de moires,
poèmes de deuils et d'espoirs
de mes prairies soyeuses
et du mystère de mes flancs,
d'où naissent vos vies écarlates.

Dans le miroir des astres,
restera le souvenir de mes sanctuaires
polis par la patience des caresses,
et celui des enfants et amants
pleurant l'immuable flot de mes monts
teintés du vermeil des lunes rousses.


Dans le poudroiement
de leur spirituelle jubilation,
seuls les poètes ravins du monde *
nomment l'indicible qu'obscurcit la lumière,
je leur abandonne mon impérissable beauté,
hymne éternel de parcelles d'infini.

Je valse imperturbable au rythme de la solitude,
le ciel et moi sommes amants,
les horizons nous unissent qui nous séparent,
je suis éternellement enceinte, je suis ronde,
je ne suis courbes que pour aimer, Terre est mon nom.

Gorgée de reflets d'azur, serais-je unique?
* Lao-Tseu

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1er PRIX concours Paul Verlaine 2020, 1er PRIX SPAF Bugey-Dauphiné, 2ème PRIX aux Apollon d’Or, Concours littéraire international Le Bleuet international 2021 3ème PRIX

ESSENTIELLE INUTILITÉ (ESSENCE CIEL POÉSIE pour certains concours)
à Jean-Noël Cuénod*
Humains, quand vous ne serez plus là,
me resteront la calligraphie des ailes,
la mémoire des oiseaux
dans le regard des pierres.

Les arbres fuyant les hommes
et cherchant l'azur,
la dentelle des rocs
caressant les anges.

La tendresse des nids
réanimant le futur,
la valse des jours d'or et des nuits bleues
dans l'indifférence de la lune.

Le poudroiement des arcs-en-ciel,
noces de l'onde et de l'astre roi,
le vent divulguant
l'innocence des fleurs.

Le cristal des ruisseaux,
échos argentins de la lumière,
le chant des cigales
dans la mémoire des écorces.

Les crépuscules pourpres
et les aubes vermeilles,
les brumes roses
des monts et des vaux.

Les virgules d'or
dans les chevelures d'ombre
le mystère amoureux des fleurs
lèvres de la terre
Le reflet des étangs,
repos des nuages,
l'éploration des saulaies
écoutant le cœur de la Terre.

Tous participent
à ma poésie,
comme le sont aussi mes fruits -
vous délecter était me lire.

Mais l'équilibre du monde
n'en sera pas changé,
et même vos tombes ne seront plus,
dans les gravures de mes plaies,

Ni vos musiques,
ni vos amours ni vos victoires,
ni même les ponts arqués
enjambant les nymphéas.

Mais les fêlures ambres des galets,
secrètes féminités minérales,
mais les formes des îles,
inspiratrices de celles des femmes,

Et pour l'éternité,
l'essentielle
inutilité

des poètes.
* De l’indispensable inutilité de la poésie (juillet 2015)

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Concours littéraire international Le Bleuet international 2021 Prix d'honneur, 2ème PRIX Concours des Baronnies – Nyonsais (ex concours Flamme d’Or) 2020, 2ème PRIX Concours SPAF Occitanie 2020, Mention d'honneur au Grand Prix du Jury SPAF Nationale , 2ème PRIX Concours de l'Enclave des papes Ville de Valréas, Mention d'honneur aux Amis de Thalie (Veyrac-Limoges), Mention très honorable PRIX SPAF du CHARDON LORRAIN, 1er accessit Concours Art et Lettres de France (Bordeaux)

FRÈRES DE CENDRES

Majestueusement voués aux cieux
comme les colonnades des palais,
ils sont mondes farouches
ou nonchalants soupirs.

Blasons vivants dans les tumultes,
barres de mesure dans les silences,
ancres lors des éclairs aveuglants,
ils sont guides dans la nef des nuits.

Sous les bourrasques ou les brises,
parés de leurs coupoles rêveuses,
leurs bras pacifiques accompagnent
épopées révolues et futurs à venir.

Ils embrassent les vastes horizons
dans la chaleur qui tremble,
les mélodies printanières
et les givres cristallins.

Au sein de leurs patiences acharnées,
ou de leurs souffles habités,
règnent des vies intenses
et des destinées profondes.

De leurs incendies automnaux,
naissent des ors tourbillonnants,
précurseurs des mornes frimas
et des jades vernales.
Mémoriaux de pelages
et de caresses duveteuses,
ils sont des sillons solaires
ouvrant les fenêtres de l’univers.

Liens entre le temps et la Terre,
même morts ils parlent aux vivants
qui s’acharnent à les anéantir,
alors qu’eux la perpétuent.

Du sommet des montagnes
aux rivages de la planète bleue,
leurs nœuds tels des flammes,
sont leurs ineffaçables poèmes.

Humains, n’oubliez jamais:
vos berceaux, vos lits,
vos cercueils et vous-mêmes,
avez mêmes cendres qu’eux.

Témoignant de l’évidence de la vie,
jusqu’aux mystères de la fin,
éternellement, créent et officient

les arbres contemplateurs.

fusain arbre contemplateur:
 



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Concours littéraire international Le Bleuet international 2021 Prix d’honneur

LA MINE
trisyllabique «militante»

Nous avons
la chaleur
mais ils ont
la fureur,

nous avons
la couleur
car ils ont
la noirceur,

nous avons
les avions
car ils ont
les filons,

tout là-bas
la clameur
de la peine,

tout au fond
la lourdeur
de la chaîne,

et ici
la douceur
de la paix,

car chez eux
ce n’est pas
not’ problèm’!


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Concours littéraire international Le Bleuet international 2021 Prix d’honneur, 1er PRIX des ROSATI, Arras "Visages du Nord" - (Joutes poétiques de la francophonie) 2017, 2ème PRIX SPAF Occitanie 2020 Prix Mario Rigault

AUX ANCIENS MINEURS

Vous êtes partis
sous des cohortes de nuages;
l'équilibre du monde en est ébranlé
sous le dais des horizons fous;
au long des corons et des crassiers
les fleurs rêvent de caresses.

Vous êtes partis
par des matins
de gel et de lumière,
nous abandonnant
telles des gares désertées
où ne rêvent plus les trains.

Vous êtes partis
comme des enfants,
jouer dans les clairières,
et les torches de lumière
sont désormais consumées
de souffles ténébreux.
Vous êtes partis;
nos cœurs à genoux
écoutent l'âme chaude de la terre,
mais nos oreilles écoutent
dans les résédas privés de roses,
les grandes orgues des terrils.

Vous êtes partis;
vous guiderez le soc des étoiles
comme sillons de nos chemins,
et nous apprendrons
à croire autant en la vie
qu'en l'éternité.

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Concours littéraire international Le Bleuet international 2021, 1er PRIX SPAF 2016

LA PERLE
à ma fille
De crainte de ne plus jamais
assister à ce prodige,
tentons de rester digne

en admirant timidement
la ligne ondoyante
de la coquille qui soupire.

Obscur ourlé de la faille,
ombre qui se fait miroir
révélant l'invisible;

Souvenir du galop
des chevaux
sur la plage ;
Écho d'un pollen
qu'un zéphyr fait s'envoler
dans le poudroiement du jour;

Cristal d'étoile déliée
du paradis des flammes,
paix venue des cieux;

Graine d'opalescente lune,
larme d'océan ensongée par le poète,
"temple bâti autour d'un grain de sable", *

La perle naquit
un jour d'ennui
où l'huître bâillait.
* Khalil Gibran
perle... végétale:
 

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Concours littéraire international Le Bleuet international 2021 Prix d’honneur

VALSE À QUATRE TEMPS
classique
Dans les bois dénudés aux rugueuses écailles,
Il pleure dans nos cœurs quand pleuvent les absinthes*,
Et l’hiver imagine enfouir dans nos failles
Les valses du soleil et ses torches éteintes.

L’ardeur du petit jour tinte comme une cloche,
L’aube fait s’émouvoir les herbes emperlées,
Les parfums du printemps sont un vœu qui s’approche,
Transformant en sagas les peines en allées.
La valse des lointains et le fruit des semailles
 Ensorcellent les sens, répandent les haleines;
Les brasiers de l’été qui torsadent leurs mailles
Enflamment
les désirs, foyers de cantilènes.

Les cieux vibrent d’échos et d’ondes océanes,
Les regards de l’automne aux prunelles étranges
Enfièvrent
les amants des fières paysannes,
 
Enjôlent les esprits et séduisent les anges.
* inspiré de Verlaine - esclave de la «fée verte» - et de son Ariette oubliée III:
Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville

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GRANDS PRIX INTERNATIONAUX DE LA SPAF 2021:
Prix Mario Rigault - 2ème PRIX

Souvenir d'un paysage inoubliable!
BAIE DE SOMME

Ici où naissent les mondes,
le rêve secret des hommes
est de préserver dans leurs yeux
les ciels peints par les oiseaux.

Désertés dans les aubes d'or
ou l'opaline des matins de gel,
les bateaux amarrés songent
à des gréements hissés.

La Salicorne se gorge de minéraux,
les coquillages rêvent de ressacs,
d'irisés pétales de poésie
se déploient comme des voiles.

La joie aérienne des mouettes
calligraphie des oriflammes,
dans des crissements de soie
jaillissent les goélands d'argent.
Du marbre des limons blonds
s'élèvent des caresses rondes,
dans les ondes d'herbes
se ressourcent les âmes
.

Les rayons chatoyants sèment
leurs graines mimosas,
les nuées composent
des poèmes de visages.


Les mollières* agitent leurs dentelles
sous le nébuleux tympan du soleil,
vibrant sous les tentures des orages ,
les fleurs sont belles comme des filles.
* nom picard indiquant la partie d'un estuaire que ne recouvrent que les plus grandes marées, et souvent envahies par de multiples herbes dont la plupart comestibles - ah la salicorne et plus encore les... "oreilles de cochon"!

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GRANDS PRIX INTERNATIONAUX DE LA SPAF 2021:
Grand Prix du Jury 2021
3ème prix

ODYSSÉES POÉTIQUES

classique
Sous sa plume féconde, obscur espoir ultime,
Se dessine un poème enfanté dans son cœur,
Une héroïque sève invente un art vainqueur,
Engagement suprême émergeant de l’intime,
 
Prodigieux jaillissement.

Il ne peut oublier que les fabuleux fleuves
Sont goutte avant d’être d’immenses univers,
Que les roux rejetons mènent aux blancs hivers,
Et ses créations, de ferventes épreuves,
 
Frénétique mûrissement,

Que les copeaux du temps font se lever les ancres,
Que les éclats de bois irisent le papier,
Entre les feux sacrés posés sur ce cahier
Et le témoin vêtu de l’arôme des encres,
 
Odorant éblouissement.

Des grandes voix du temps, parfaites symphonies
L’écrivain édifie et parfait son labeur,
Entre transe et pudeur, il sacre le bonheur
Dans les flammes des cieux, pures épiphanies,
 
Flambant épanouissement.

Par le secret talent de l’épris de magie,
De son esprit fertile et tel un vrai passeur,
De la trame des mots, il est le grand tisseur,
Et son œuvre illumine ivresse ou rêverie,
 
Ineffable accomplissement.

Les profondes ferveurs, sans fin récompensées,
Transforment les quatrains nés amoureusement,
Le présent se transmet silencieusement
Entre frustes sillons et vastes odyssées,
 
Poétique aboutissement.

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2ème PRIX Concours des Baronnies – Nyonsais 2020 (ex concours Flamme d’Or), 2 Mentions d'honneur au Jury SPAF Nationale 2020 et Prix bienneal René Laplace au Salon des Poètes de Lyon

LA FILEUSE ET LA VIE
à I. K. J...
classique 8 pieds
Au crépuscule, à la croisée,
abritant des gemmes discrets,
dessous une tresse étoilée,
une fée m’a dit ses secrets.

Au plus profond de sa pensée,
dans le flambeau des souvenirs,
ses sentiments vont leur filée
pour ne jamais s’évanouir.

Dans son regard une lumre,
moelleuse comme du mohair,
enflamme d’or une clairre
où des poèmes brodent l’air.
Les chants préservés dans sa tête
sont tels des songes de chevreaux,
et ses fibres tissent la fête
des pelotons et des fuseaux.

Le cristal de sa cantilène
apprivoise tous les oiseaux,
sa senestre anime la laine,
la dextre se rit des ciseaux.

Dévidant son fil à l’envi
notre Circé rit du mystère -
trace infime dans l’infini -
de la beauté de notre Terre.

croquis crayon d'une fée:
 


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1er PRIX Enclave des Papes 2021, Prix d'honneur au concours Mirabelle 2021-Académie Léon Tonnelier

HISTOIRE D'EAUX
voyage d'une source jusqu'à la mer
à Muriel Barbery (Une rose seule  - Kyōto)
à Shiki Masaoka (1866-1909) *
à Taneda Santoka (1882-1939) **
«Le long de la rivière / Je n’ai vu aucun pont / Ce jour est sans fin.»*

Le monde tourne, la source coule,
nous laissons sa tendresse
griffer nos cœurs,
mais nous oublions la douleur,
dans la scansion de ses chants
et ses soupirs intérieurs.

Poésie harmonique,
reflets somptueux
d’étoiles disparues
mais toujours brillantes,
comme éclats remémorés
d’ondes flétries.

Vapeurs nacrant les airs,
défilé des sons tels une liturgie,
balancement incessant
entre roches captives de la terre
et vies aquatiques
aux mélopées scintillantes.
Pierres en mouvements pétrifiés,
sons crépitants et soyeux,
sous la partition des feuillaisons,
caresses d’immobilités,
et d’alchimies rythmiques,
leçons de choses du monde.

Sous les fastes des ciels,
les ferveurs de velours
des lavis de la mer,
font danser, ineffable,
la calligraphie des heures
sur la broderie des horizons.

Mélopées scandées des parfums,
ombres tremblées et sabres solaires,
destins épousés et ferveurs communes
de sœurs fugitivement réunies,
dérivant dans le grand sablier
des houles et du temps.

«Me voici / Là où le bleu de la mer / Est sans limite.»**

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3ème PRIX des ROSATI, Arras (Joutes poétiques de la francophonie), Diplôme d'honneur au concours Mirabelle 2021, 3ème PRIX des ROSATI, Arras (Joutes poétiques de la francophonie) 2020, Mention d'honneur Académie Léon Tonnelier, Grand Prix Mirabelle 2021,
PRIX de présentation SPAF:
SABLIER À L'ÎlE DE "SEIN"
à Henri Michaux:
"je suis la flèche empennée des plumes des oiseaux"


                            (il est permis d'oser remplacer "voiles" par "draps" et d'imaginer d'autres houles...)

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Diplôme d'honneur ARTS ET LETTRES de France 2021 (Bordeaux)

SOUVENIRS D'AILES


Se contenter parfois
de regarder par la fenêtre,
se souvenir de mots
parfois dits, souvent pas,

suivre les gens dans la rue
avec dans les yeux,
du vent ou des chants
des regrets ou des joies,

laisser venir ce qui suivra,
ce que disent les rêves,
le bruissement des feuilles
ou la vie des mourants:

dire la mort de la beauté,
la trivialité des jours,
nous les réapprend,
leur redonne force,
écrire un poème,
ses mots tels des diamants,
comme les couleurs de la harpe
ou la douleur des orphelins,

quand les ombres coulent
ou que les siècles passent,
quand les larmes sèment
et quand les oiseaux chantent,

faire du présent du temps
un cadeau de la Vie,
cet inespéré mystère
la Vie est si belle.

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PRIX JULES SUPERVIELLE Société des Poètes de France 2020
TERRE POÉTIQUE
classique
Sur notre belle star, diamant poétique,
À l’azur cristallin, aux paradis d’argile,
Séjournent des humains au présent pathétique
Pressentant un futur sans cesse plus fragile.

Les épris du passé se souviennent d’un rire,
De délices dansants, des aurores des pôles,
D’un secret clandestin, de l’ivresse d’écrire,
De notre Ève et son fruit, des lueurs des épaules,

Les bannis de l’amour espèrent l’embellie,
L’orage impétueux, l’extase qui foudroie,
Et ne pas endurer le destin d’Ophélie,
Pour enfin partager le bonheur qui flamboie.

Alors, tous ces mortels, ces âmes accablées
Souvent en bord d’abîme et se croyant infimes,
Doivent se rappeler que les femmes comblées
Avivent la flamme éclairant l’art des rimes,

Et que pour les amants, qu’il soit joute ou orchestre,
Dans la conque des cœurs ou les fières conquêtes,
Le temps perpétuel de la sphère terrestre
Rythme l’essentielle harmonie des poètes.

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2ème PRIX du concours SAINTE FOY-lès-LYON 2021 et Mention SPAF 2017
CONJONCTION
néoclassique 8 pieds

Quand tu m’offres tes yeux de nuit,
je suis perdu mais je dis oui;
Quand tu ouvres tes mains de soie,
je suis un cri qui suit ta joie;

Quand tu dis non ou quand tu dors,
je suis à toi tu es mon or;
Quand tes pieds vibrent et que tu danses,
je suis ta valse et c'est l'enfance;
Quand tu chantes comme un son pur,
je suis soupir mais je suis sûr;
Quand tu es flamme et que c'est l'heure,
je fais ton nid et je suis feurre
; *

Quand tes yeux rient de mon bonheur,
je dis ton nom et tu es fleur;
Quand tu dis oui et que tu rêves,
je m'enracine et je suis sève.
* ancien nom du fourrage, que de nombreux oiseaux utilisent pour leur nid...

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  Mention d'honneur PRIX SPAF du CHARDON LORRAIN pour CINQ poèmes dont:
3) OMBRES ET LUMIÈRES

Les ondes sonores du temps lient ombres et lumières.

Depuis les origines du monde, trop de rires d’hommes
ont été des ombres pour les lumières des femmes.

Souffles recueillis du désir des paupières,
fleurs sélénites dans les secrets des silences
quand les ombres sont les sourires de leurs lumières,

les chants des femmes aux hommes justes
dont les silences vibrent de musique,
naissent des caresses des hommes aux femmes fières,
dont les ombres sont pour eux leurs lumières.

Sillages des chemins de blancheur
quand poudroie la lune sereine,
les soieries enchantent les claviers célestes,
berceaux des gracieuses mains offertes
aux ombres des lumières qui chantent.

Nids d'échos de nuées sur les cocons
des villes conquises par les murmures,
les prismes purs des jours et des nuits
préparent les gemmes tendres des pénombres,
sources du feu des regards ineffables,
dont les ombres sont la lumière des cœurs.


acrylique Ombres et lumières:
 



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Académie Léon Tonnelier, Diplôme d'honneur au Grand Prix Mirabelle 2021
à noter qu'il existe également une version "libérée rimée"

4) PRINTEMPS
octosyllabes libres
Venant d’un au-delà du temps,
l’ineffable splendeur des jours
fait ruisseler l’esprit des fleurs
et l’orgueil novice des sèves.

La douce complainte des saules
berce le frisson des futaies,
sous les essaims de parfums ivres,
et les festons de nuées d’or.

Les soieries de fières couleurs
calligraphient les chants d’oiseaux
tourbillonnant à tire-d’aile,

aux rythmes des règnes naissants.
Présages de sons et de sens,
des serments nous sacrent de signes,
des sillons creusent nos chemins,
et nos désirs naissent des sèves.

Dans les franges roses de l’aube
et le grésillement des rêves,
la vie tisse son infini,
telle aux origines du monde.

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1er PRIX des ROSATI, Arras "Visages du Nord" - (Joutes poétiques de la francophonie) 2017, 2ème PRIX SPAF Occitanie 2020 Prix Mario Rigault
AUX ANCIENS MINEURS

Vous êtes partis
sous des cohortes de nuages;
l'équilibre du monde en est ébranlé
sous le dais des horizons fous;
au long des corons et des crassiers
les fleurs rêvent de caresses.

Vous êtes partis
par des matins
de gel et de lumière,
nous abandonnant
telles des gares désertées
où ne rêvent plus les trains.

Vous êtes partis
comme des enfants,
jouer dans les clairières,
et les torches de lumière
sont désormais consumées
de souffles ténébreux.
Vous êtes partis;
nos cœurs à genoux
écoutent l'âme chaude de la terre,
mais nos oreilles écoutent
dans les résédas privés de roses,
les grandes orgues des terrils.

Vous êtes partis;
vous guiderez le soc des étoiles
comme sillons de nos chemins,
et nous apprendrons
à croire autant en la vie
qu'en l'éternité.

@
 
TROIS Mentions d'honneur SPAF Nationale 2020:

1) LA FILEUSE ET LA VIE
classique ci-dessous

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également 2ème prix de Plume d'ANCRE (Somme), Académie Léon Tonnelier, Prix d'honneur au concours Mirabelle 2021

2) FUGUE MÉLANCOLIQUE (pour lequel le jury SPAF a déclaré avoir... succombé à sa mélodie...)
à Paul Verlaine (Chanson d’automne*)
classique
Quand la feuille se pose
Et couvre le sol d'or,
Elle est comme la rose
Qui transcende sa mort,
 
Mélancolique.

Cela semble l'automne
Mais ce n'est que le soir,
Et le ciel monotone
Luit tel un encensoir,
 
Dans sa langueur.


Un violon frissonne,
Son blême et intrigant,
  Et quand son heure sonne
Tinte un glas suffocant,
 
Désespérant.
Dans mon cœur la blessure,
Des sanglots se souvient,
Et rouvre la fissure
Qui si souvent revient,
 
Machiavélique.

Dans la nuit qui va naître
Il reste dans mes doigts
Mes pleurs à la fenêtre
  M'emportant par les toits,
;
Au vent mauvais
.

* Les sanglots longs / Des violons / De l’automne
Blessent mon cœur / D’une langueur / Monotone
Tout suffocant / Et blême, quand / Sonne l’heure,
Je me souviens / Des jours anciens / Et je pleure
Et je m’en vais / Au vent mauvais / Qui m’emporte
Deçà, delà, / Pareil à la / Feuille morte.

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3) LE VOLCAN DES POÈTES
à Louis Aragon:
«Ses secrets partout qu’il expose,/Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses/Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé» (Les oiseaux déguisés)

à Marie
classique
secretsLes  du passé, souvenirs crépitants,
La flamme de l’écrit, l’intimité hardie,
L’inespéré vertige, étrange «espace-temps»,
*
Promesse de mystère, ineffable incendie!

Dans les sarments des sens, cet envol des cerveaux,
Ardents regards de lave, arabesques des rêves,
Lieux d’arcanes des mots, grands espaces vocaux,
Récits parcheminés, doux chuchotis de sèves,

Fruits accomplis des fleurs dans un verger d’oiseaux,
Les flamboyants tréfonds ou le feu des pervenches,
Doigts devenus rameaux et les plumes roseaux,
Scrupules vigilants, prémices de nuits blanches,

Les stances de quatrains, mystères dévoilés,
Douleurs aux fiers éclairs, immortelles paillettes,
Gemmes des noms premiers, ces recueils étoilés,
L’émérite poète en fera des tempêtes!

* N.B.: ce concept mathématique - né il y a une centaine d’années -  s’écrit avec un tiret, il forme donc un mot d’un bloc et la «communauté scientifique francophone» s’accorde à appliquer l’élision, donc à le prononcer en 3 syllabes; mais... au risque de choquer cette communauté, une longueur de 4 syllabes a été adoptée ici pour se soumettre à une règle de la poésie classique - multi-centenaire! Que les poètes scientifiques me pardonnent!


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PRIX SPÉCIAL du Jury ACADÉMIE RENÉE VIVIEN pour le recueil entier de 30 poèmes dont:

ÉCRITURE POÉTIQUE

Dans les feuillures du temps
et les vestiges
de l'enfance,

Le geste sculpté de l'être
dans la sève d'ombre
de nos lumières;

Lutte invisible de la volonté
et du détachement,
de l'exaltation et de l'intuition;

Source crépitante ou frémissante,
naissance palpitante ou
éclosion élégiaque;

Avènement patiemment ciselé
ou naissance impromptue,
éternelle fugacité;
Oriflamme de l'esprit,
poudroiement de la joie
dans la cendre des parchemins;

Quête à mains nues,
douce haleine de l'âme
dans les sillons de papier;

Feuilles gaiement bruissantes à l'écriture,
mélancoliquement silencieuses
jusqu'à la lecture;

Conscience enivrée,
main appliquée,
insatisfaction souhaitée;

Le poète traduit
le message indicible
de la beauté du monde.

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2ème PRIX au Salon des poètes de Lyon 2019,
Prix d'honneur au concours Mirabelle 2021 - Académie Léon Tonnelier, Rose d'honneur aux Joutes poétiques de la francophonie (Les Rosati - Arras), MENTION SPÉCIALE du Jury au concours Paul Verlaine (et édité dans la revue Verlaine), Accessit aux APOLLON D'OR
 
à Claude Debussy, pour la musique,
  à John Keats, pour «l'alpha et l'oméga»
LA LUNE DESCEND SUR LE TEMPLE QUI FUT

Immobiles sur les rivages du monde...

Le crépuscule nous prépare des secrets,
des vœux s'élèvent vers le firmament,
chacun suspend son chemin, témoin
des épousailles de l'air et de la terre.

La prairie dans le cœur,
l'oiseau dans les yeux,
le chant dans la poitrine,
s'épanchent dans les ombres.

Nos pensées s'attendrissent
comme se penche une herbe,
comme une écriture dans les yeux,
avant d'exister sur la page.

La nuit déroule ses fastes
aux couleurs poudrées,
diaprant les scories
de nos sombres veilles.

Les regards sont désemparés,
mais des chants renaissent,
et les respirations apaisées
se greffent sur celles des arbres.

Les vents figés ne s'accrochent plus
dans les signes creusés dans les marbres,
traces effacées de serments oubliés,
textes d'un au-delà de feuilles froissées



sous lesquelles les tristes vestiges
d'une pagode abandonnée
philosophent avec les étangs
et leurs souvenirs de bassins.

L'ultime balancement des frondaisons
se fait écho des poissons ondoyants,
dont les reflets semblent écrire au ciel
où les oiseaux ont cessé leurs calligraphies.

Le sang des choses palpite
sous les voiles de la brume,
dans un poème secret gravé
dans les veines des nuées,

grâce aux soies de la lune,
dont l'opalescence muette
éclaire les flammes figées des cimes,
brossant l'infinie beauté de la Création.

De la terre endormie, s'élèvent alors
les songes des poètes se joignant
aux rêves des femmes amoureuses,
refuges de la poésie du monde

... nous restons solitaires à méditer.

@
Apollon d'Or Vaison-la-Romaine 2017
1er prix de Montmélian
1er prix de la SPAF Bretagne

3ème PRIX Concours REGARDS (Vendée)

UN ANGE EST PASSÉ
version poésie libre
il existe une version néoclassique

Un soir tu es parti, en tête une sonate,
tu as fermé les yeux, arrimé tes bras,
tu as semé la nuit, arrêté le temps,
pour l’ultime lavis, déposé tes pinceaux.

Drapé dans un orage, tu as célébré la pluie,
laissé accoster tes paroles dans nos âmes,
mûres telles des fruits, belles telles des fleurs,
chants de lumière pour nos larmes.

Poèmes secrets éparpillés aux vents,
musiques partagées confiées aux claviers,
signes dans l’azur comme des  calligrammes,
tendresses de chair lovées dans nos êtres.

Tu disais les chemins où l’on souffre où l’on aime,
tu nous parlais de pierre et de douceur,
ton cœur valsait en toi ne sachant qu’exulter,
nous apprenant à partager sagesses et folies.

Tu as vécu comme vivent les grands arbres,
la treille de tes racines atteignait le ciel,
tu savais faire germer l’invisible,
tu savais alimenter sèves et lèvres.
Chacune de tes courses était envol d’oiseaux,
tes rires comblés ravivaient les braises,
entre l’espoir des matins et celui du noir;
ta voix s’est endormie mais nous enseigne l’éveil

Chacun de tes pas assouplissait les blés doux
,
tes désirs fleurissaient nos terres stériles,
ta soif profonde vivifiait nos sources,
dans tes mains les roses devenaient promesses.

Tu sauras prendre la main du vide et du plein ,
comme tu savais faire danser les mystères;
tu détenais l’arc silencieux de la force,
mais aussi le désordre de la passion.

Les étoiles terrassées privées de flambeaux
ne sont plus que blessures et privées d’éclat,
mais ces lieux d’éternité inspirant nos quêtes,
ton silence enrichira nos suprêmes serments.

Ta présence sera flamme dans notre vie,
ton souvenir sera vivant dans nos ombres,
tu fus notre joie, nous ne serons qu’éloge,
tu te savais mortel, ange tu es devenu.

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Mention spéciale du Jury de Montmélian
À LUI
à Étienne,
R.G. Cadou, Leonard Cohen et Paul Valéry
Sous le soleil déroulant
sa rouge écharpe de soie,
sous le clavier des astres,
sous la nef des horizons,
gémissent les anges
au-dessus des terrains vagues,
tristes comme des
nids abandonnés.

Les sources tremblent
sous les pierres et prient
pour son regard d'océan,
ses mains rayons solaires,
sa poitrine comme
un chant de pâtre,
son cœur comme
un pain chaud.

Sur les embarcadères
où vibrent les amarres,
entre les troncs noirs
où flagelle son hamac,
ses rêves nés sur le Causse
parlent des hommes,
qui comme l'automne
enflamment la vie.
Les flaques de soleil
frémissent comme des gerbes
et fleurissent comme
ses caresses des soirs,
sa tendresse de sable fin,
de sourires et de souffles,
ses jardins d'amour,
la lumière de ses rires.

Fissure vive
"par où entre la lumière",
créatrice du monde et
de l'horizon intérieur,
cri impérissable
immortalisé,
tel le chêne
foudroyé.

Le pic St-Loup comme un navire,
fendant les alignements bleus
et les peuplades de nuages,
spectateur de l'effroi du monde:
à son pied, échos silencieux
de la vie de la garrigue alentour
et "qui deviennent lumière à force de noir";
sous le Ginkgo Biloba, ses cendres.

(Si vous en venez, retour vers "Haïkus")
Notes:
- "par où entre la lumière" est emprunté à la fameuse chanson de Leonard Cohen
- Le chêne foudroyé, fable de La Fontaine qu'il aimait tant
- L'effroi du monde, autre rappel de sa vie militante avec Théodore Monod et Pierre Rabhi en particulier
- "qui deviennent lumière à force de noir" est une libre transcription du poème de Paul Valéry où le cimetière marin "(qui) devient noir à force de lumière"

@

3ème PRIX Concours REGARDS (Vendée),
Prix d'honneur Académie Léon Tonnelier Grand Prix Mirabelle 2021,
Mention d'Honneur du Prix du Jury
PRIX INTERNATIONAL SPAF

UN ANGE EST PASSÉ
version néoclassique
il existe une version libre d'une précédente année
in memoriam Étienne
Un jour tu es parti, en tête une sonate;
Tu as fermé les yeux, ancré tes bras sans hâte,
Délaissant tes sources tu as pris le galop,
Détaché tes pinceaux de l’ultime tableau.

Drapé dans ton azur tu as lâché la rive;
Que tes paroles vraies jusques à nous arrivent,
Mûres comme des fruits belles comme des fleurs,
Sons qui nous guideront quand nous serons en pleurs.

Tant de thèmes en l’air comme des calligrammes,
De la tendresse offerte arrimée dans nos âmes,
Tant de poèmes dits déposés tout là-haut,
Tant de chants éperdus conçus sur ton piano.
Ta voix s’est déjà tue mais reste la mémoire;
Ton parcours indicible est notre territoire,
Et tes joies complices vibrent dans nos lointains,
Entre l’espoir du soir et celui des matins.

Les étoiles vaincues privées de leurs sésames
Ne sont que blessures et sevrées de leurs flammes;
Ces lieux d’éternité embellissant les nuits,
Tu nourriras nos cieux devenus infinis.

Tes rêves et rires égaieront nos lumières,
Ton flambeau brillera étanchant nos paupières;
Tu t’es hissé ange mais nous sachant mortels,
Tu nous avais appris les amours éternels.


@

1er PRIX du Recueil de Colmar,
1er PRIX
du jury de la SPAF Bretagne,
Flamme d’argent
FLAMMES VIVES, Mention d’honneur du Prix du Jury PRIX INTERNATIONAL SPAF


CR
ÉPUSCULAIRE
classique
Des vasques d’argent clair dans les ondes du soir
Enchâssent le ballet triomphal des visages,
Les sépales fleuris sont des yeux dans le noir,
Déployant les fragments d’infinis paysages.

L’écorce des reflets lutte contre les pleurs,
Le flottement des joncs festonne les rivières,
Les strates des lueurs sacrent l’esprit des fleurs,
Semant l’horizon bleu d’un clavier de prières
.
L’orbe des frondaisons aux margelles des ciels
Féconde dans le vent des empreintes de rêves,
Chants ailés des rameaux, vestiges essentiels,
Pour nous pauvres humains et nos vaisseaux sans sèves.

Un fin voile d’azur étend son sanglot pur,
Le long frisson du temps conte son doux mystère,
Vigilants, nous scrutons les appels du futur,

 
Messages palpitants, poèmes de la Terre.

pastel
@


3ème PRIX Enclave des Papes Valréas, Mention d’honneur du Prix du Jury INTERNATIONAL SPAF

SUR LE PARVIS DES CATHÉDRALES

Nos ombres jamais ne seront celles des traces de nos pas...

Nos troncs aux croupes frémissantes distillent la sève d'ambre,
nos vignes d'ombres sont les berceaux de vos lumières,
chaque brindille est source du velours de nos bourgeons,
chaque feuille est moule émeraude de nos fruits.


Nul ne connaît la saveur en nous du reflet des mers,
ni le souffle profond des fleurs sur la chair de nos écorces,
ni les veines infinies de nos marbres striés de vos songes,
mais sous les voiles des brumes résonnent nos trames d'ondes.


Les harpes de nos rameaux orchestrent la complainte des vents,
nos écorces conservent les secrètes vibrations organiques,
nos cicatrices celles de la forge obsédante des piverts,
et nos gemmes celles de la poudre de vos ossements.


Notre âme vogue entre jades des faîtes et ébènes des ténèbres,
mais le soleil subit le grouillement de vos piétailles et escadrilles,
et pleure les gémissements de nos souches pétrifiées,
échos des orgues éteintes en nos tanières désertées.


Vous pavoisez d'être nés de l'argile multi-millénaire,
nous autres sommes nés de la vie marine originelle;
nos feuilles que l'automne a semées comme pluie de vos souvenirs,
sont des mots doux que foulent les talons des amoureuses.



Nous accueillons les nids de multiples voilures chantantes
,
nos chevelures vouent leurs flammes aux colonnes du ciel,
nous offrons nos écorces en sacrifice à vos dérisoires serments,
et à la vesprée vos feux de joie sont nos chants de mort


Vous exhibez encore le sang noir de vos suppliciés,
vous faites hurler aux bûchers les poumons ardents de vos sorcières,
martyrisant notre chair comme vous fouaillez le ventre des femmes,
et livrant vos répugnances aux yeux de déluge des enfants implorants.

Notre mort vous réjouit pour les murs de vos palais et vos masures,
la coque de vos vaisseaux et la voûte de vos églises,
mais vous en délectant pour vos croix et vos gibets,
pensez à la matière des cercueils de votre dernière demeure.


Sur les parvis des cathédrales où souvent le bois est absent
et où vous déposez vos valises comme des amants déchus,
pendant que vous scrutez les astres tempétueusement silencieux,
nous vivons avec la bruissante voûte céleste nos épousailles éternelles;

... mais nous marquons ineffablement la marche du temps.

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aucun concours en 2018 pour raison de santé...
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1er prix 2017 au Salon des Poètes de Lyon,
2ème prix
des
Éditions du Bord du Lot, finaliste du prix Flammes Vives

ODE TELLURIQUE

Ce matin les pierres ont vieilli d'une glorieuse
parole du monde, lointaine, suspendue
régnant au cœur des heures incertaines
et des creusets sinueux d'une terre insondable

À la source des chemins silencieux
surgis du mystère ruisselant de l'aurore
les frissons d'une mélancolie de l'air
sont l'escale des grains du temps

Les sentiers suspendus dans les ombres
brossent des tableaux éphémères
et les flammes parfumées du jour
succèdent aux chants nacrés de la nuit

Au centre d'un monde de rumeurs d'âmes
s'exhalent les clairières de porches du monde
où de grands yeux de manèges titubent
couronnés d'ondes, d'auréoles et de voiles

La ligne d'horizon comme des lèvres jointes,
partition des ombres dans les silences d'ors,
sommet des lumières dans la danse des abîmes,
annonce la vibration des essaims de l'été,

Les racines des fleuves nés de la treille des nuées,
les brumes réfugiées au creux des vallons,
les promesses, sont des torrents nichant
dans la pure poésie de notre belle Terre.

@

3ème prix de l'Enclave des Papes (Valréas)
Mention d'honneur Apollon d'Or Vaison-la-Romaine

INFINIE FINITUDE
classique 8 pieds
Nos premiers pas sur cette Terre,
cousus de chutes et de coups,
impriment dessous la paupière
de doux souvenirs de joujoux.

Les dalles du temps sont vécues,
fvres des révélations,
ronces cuisantes et aiguës
ou sereines récréations.

Les heures sont la vie passée
dans l'ardeur fougueuse des jours,
ou dans la bouclette froissée,
le couronnement des amours.

L'entrelacement des ramures
sécrète le chant des senteurs,
écho des folles chevelures,
ardents étendards des langueurs
.
Les ciels roulent comme manèges,
l'aurore enfvre ses démons,
les larmes se posent en arpèges,
quand les chardons brodent les monts.

La Terre illumine sa danse
et la houle de nos passions,
avec sa fre patience,
constelle nos vocations.

Le ballet palpitant des ailes
attendrit notre humanité,
l'exode infini des étoiles
nous enseigne l'éternité.
 
parcelle d'infini:

 


@

1er PRIX SPAF
Lauréat du concours international Croxibi (thème "Cévennes")

À EUX
In memoriam Étienne et Noémi

Vous êtes partis
sur les mouvants chemins de nuages,
l'équilibre du monde en est ébranlé;
sous le dais des horizons fous
au fond des forêts denses,
les troncs pétrifiés rêvent de caresses.

Vous êtes partis
par des matins
de gel et de lumière,
nous abandonnant
telles des gares désertées,
où ne rêvent plus les trains.

Vous êtes partis
comme des enfants,
jouer dans les clairières,
et les torches de lumière
sont désormais consumées
de souffles ténébreux
.
Vous êtes partis;
nos cœurs à genoux
écoutent l'âme chaude de la terre,
et nos oreilles écoutent

dans les cheveux d'anges,*
les grandes orgues des Cévennes.

Vous êtes partis;
vous guiderez le soc des étoiles
comme sillons de nos chemins,
et nous apprendrons
à croire autant en la vie
qu'en l'éternité.





* graminées couvrant les Causses en juin

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3ème PRIX SPAF avec félicitations du jury pour l'originalité de la présentation**

à FRANÇOIS CHENG*
  TU ES
                                                                 Le pinceau du calligraphe
Celle qui née des matins originels
préserve le passé
en écrivant le futur
avec l'éternité de l'amour.
                                                                              qui dans la porcelaine de l'encrier
Celle qui proclame la fin des regrets
dans le saphir de nos abîmes

et la saveur de l'instant
dans les ferventes aubes.
                                                                 et les haïkus de ses gestes
Celle qui révèle le goût des nuées
dans le miroir de nos âmes
et la sage transe des fleurs
dans les ramures renaissantes.
                                                                    se diapre de nuit et de désir
Celle qui sème des éclats de soleil
dans le prisme de nos ombres
et les nacres du crépuscule
dans les mystiques alcôves.
                                                                offrant aux parchemins
Celle qui incarne la fulgurance des orages
dans l'efflorescence de nos écumes
et le froissement des astres
  dans les horizons opalins.
                                                     souffle et étoffe
Celle qui réinvente l'odeur des songes
dans le clos de nos paupières
et les arches tendues
entre les laves et les étoiles.
                                                       ébène et lumière
Celle qui allume les torches de nos corps
dans la liturgie de nos sacres
et le poudroiement des galaxies
dans les veines des marbres.
                                                         visible et invisible
Celle qui enflamme la danse des reins
dans la profondeur de nos sens
et de notre vaisseau arrimé
dans la féerie des houles.
                                                         paroles et chants
Celle qui enchante les accords
de nos harmonies secrètes
entre silences confidents
et ondes hallucinées.
                                                                fugacité et indélébilité.


* F. Cheng, dans "Cinq méditations sur la beauté" rappelle la tradition artistique chinoise d'insérer des poèmes calligraphiés dans les peintures; cette expression de "trois-arts-en-un" étant finalement considérée comme la forme suprême de l'accomplissement de l'homme.
 ** Ainsi, les caractères gras et en italiques sont-ils prévus pour être figurés en calligraphie chinoise; il pourrait être un exemple de "haïbun" japonais... (pdf)

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3ème PRIX du plus beau des Poèmes d'amour, concours des Amis de Thalie (87 - Limoges)

À ELLE
(classique 9 pieds 6-3, alternance féminine-masculine par strophes)
Les poèmes sacrés des nuits graves,
Les torrents de minuit de nos laves,
Sont au sein des émois, nos étraves,
Et de nos amours fous, les esclaves.

Les vélins passionnés de nos ans,
Les flambeaux enfiévrés de nos sangs,
Empourprent la gamme de nos chants,
Et nos embrasements de veillants.

Les divinations des prophètes,
L’alphabet magique des poètes,
Inspirent la splendeur de nos fêtes,
Pour consacrer un sens à nos quêtes
.
L'abandon des êtres embrasés,
Le doux chant de nous deux apaisés,
Sont des sanctuaires irisés,
  Pour nos doux secrets épousés.,

Quand l’incandescence nous réclame,
L'arcane chamarré de nos âmes,
Le soleil révéré de nos flammes,
Sont un couronnement, pour toi, femme.

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Mention d'honneur PRIX SPAF du CHARDON LORRAIN 2020 pour CINQ poèmes dont:

FERVENT VOYAGE
À R. M. Rilke (Poèmes épars)
classique
Les esprits de la nuit unissent nos lueurs,
Et dans les éthers bleus la voix des lointains chante,
Dans la paix des aveux s’étoilent nos clameurs,
Et des liesses tissent la fièvre qui nous hante.

Dévoilant nos êtres clos au fond de nos yeux,
Nos rêves révélés au sein de nos prières
Sont des étoiles d’or rêvant dans nos cheveux,
Et les ombres luisent dans nos pures lumières
.
De la marée des cieux germent les souvenirs,
Et de nos gestes mûrs fleurissent nos caresses,
Dans la danse des chants vit l’écho des désirs,
Nos êtres cisèlent une nuit de promesses.

De nos rythmes ardents surgissent nos destins,
Et de notre bonheur advient ce paysage,
Dans nos cœurs enflammés éclosent des festins,
Qui nous rassasieront pour un fervent voyage.



@
(et 2ème PRIX SPAF Poitou 2021)
SORTILÈGES
classique
Au creux des jours passés vit l’écho de la sève,
Ainsi les mots nichés au fond des yeux fermés,
Tel aussi le désir que l’insondable élève,
Qui accorde aux amants des regards enchantés.

Quand, suspendue, à l’aube, au-dessus de ma page,
Près du pâle rideau cachant le gris des toits,
Comme l’oiseau ému caché dans le feuillage,
Ma main attend ton chant en retenant ses doigts.

Des moissons de la vie infusant leurs mystères,
Naît le monde créé dans le frisson des temps,
Et les chemins du ciel, inconnus salutaires
Fleurissent nos hymens de bouquets exaltants.

Dans le progrès de l’ombre éclot la couleur nue
De l’or de ton visage aux lacis envoûtants,
Dont la mystérieuse alchimie éperdue
Accompagne nos nuits, aux bonheurs éclatants.


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Rose d'honneur aux Joutes Poétiques de la Francophonie (Les Rosati - Arras)

BLASONS DU CORPS FÉMININ
à Clément Marot*
Épanouie en nos jardins drapés
de ta nébuleuse chevelure
qui tournoie sur l'albâtre de ton corps,
lèvres jointes tu te fais statue de langueur
et ton sourire scintille pour mes yeux éperdus.

Ton regard perpétue mon univers
parcouru d'une houle infinie,
et le tissant de fugaces éternités,
moissonne les corolles de mes joies
dans les nuées de mes rêves.

Ton silence embrase mon attente,
fait brasiller mon cœur comme une étoile,
anime mon chant rutilant de lumière,
ma joie ruisselle telle une source vive,
et mon rire retentit au centre de mon être.

La grâce de ton radieux visage
qui illumine ma vigile étoilée
dans les ténèbres bleues,
a pour ombre celle d'une fleur
rêvant d'une terre où s'arrimer.

Ma main qui se fait paresseuse,
imagine une plume volage
pour calligraphier tes formes
en haïkus échos de leurs prairies
sillonnées d'ondes d'allégresse.
De ton bassin, ta taille et ton ventre,
est perpétué le sablier des saisons,
et tes deux pommes d'amour
sont comme des songes de roses
où s'étoile une porte de mystère.

Tes jambes déracinées du ciel
d'où naissent les arcs du temps,
sont deux fuseaux de haute lice,
ciseaux d'amour des sages et des fous
qui cisèlent notre jardin d’Éden.

Sous une mousse ma source,
au confluent d'arcs d'horizons carmin
et d'orbes de plages dorées,
un exquis joyau scintillant,
origine de nos mondes jubilants.

Nos joies prodiguent leur lumière d'or
sur les ramures des nuages,
rendant à la poussière ténébreuse,
ce qu'elles ne savaient pas,
ce qu'elles ne sauront plus.

* Tentative d'hommage au Blason du beau tétin (1535)
fusain:
 


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3ème PRIX Concours REGARDS (Vendée)
 
QUINTE* ET SENS
néoclassique 9 syllabes, alternance féminine-masculine par strophes
J'ai transcrit DEUX versions classiques de ce poème

Les nacres drapées de nos nuits graves,
Les fleuves de minuit de nos laves,
Sont la genèse de nos étraves
Sculptant la houle de nos octaves.

La fougue vierge des éléments,
Le mystère irisé des diamants,
Sont les cachettes de nos serments
Où mûrit l’énigme des amants.

Le son capiteux de nos silences,
La tendresse de nos confidences,
Ébranlent les ondes de nos transes
Dans l’allégresse de nos consciences.

Les vélins enflammés de nos ans,
Les flambeaux chamarrés de nos sangs,
Rougeoient le diapason de nos chants
Et nos calligraphies de veillants.
La lumière embrasée de nos âmes,
L’éclosion révérée de nos flammes,
Attisent la loi de nos sésames
Et la résolution de nos armes.

L’ivresse des souffles apaisés,
La mélodie nue de nos baisers,
Sont des refuges immortalisés
Célébrant nos secrets enfiévrés.

Les syllabes des ombres prophètes,
L’alphabet de nos sources poètes,
Inspirent la splendeur de nos fêtes
Pour consacrer un sens à nos quêtes.

* La quinte a une étendue de sept demi-tons, ici sept strophes «sensibles».

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Félicitations du jury DE LA SPAF LORRAINE
CÉLÉBRATION

T'élevant,
tu t'élances
vers le haut ciel,
ainsi la fleur
précédant le fruit.

Te rapprochant,
tu retournes
à ta tanière,
ainsi la louve
vers ses petits.

T'élevant,
tu enserres nos peurs
et libères nos fièvres,
ainsi les gestes retenus,
le désir de l'instant.
Te rapprochant,
tu lâches les colombes
et ouvres nos veines,
pour communier nos échos,
et enflammer nos joies.

T'élevant,
tu enfouis nos songes
dans la fête de l'azur,
des cris, des souffles,
et des promesses exaucées.

Te rapprochant,
tu ensemences la beauté,
et chantes le mystère
bruissant des cascades
et trilles du bonheur.

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1er PRIX et chorégraphié*, et PRIX Francis Juguet, concours PLUME D'ANCRE (ancien nom de la ville d'Albert - Somme)

ÉTOILES DANSANTES
Savoir garder du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse
(Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)
classique
Un prologue de flots esquisse nos espaces,
Des notes sous la peau éclosent de nos ors,
Des bouquets de chansons naissent de nos audaces,
Nos univers s’offrent de réponds en accords.

Comme de gais oiseaux explorant les nuées,
Bâtissant et joignant les voix de nos esprits,
Nos appels nos questions sont ailes déployées,
Voiles de nos ferveurs et de nos cœurs épris.

Orchestrant nos ardeurs dans l'aurore des gloires,
Nos sons s’harmonisent dans les secrets tremblants
De nos temps épousés ferments de nos mémoires,
Transmuant nos chaos en symboles vivants.

Nos poèmes brasiers étendards des pensées
Font nos rêves étoilés dans l’abîme des cieux,
Source du son des chants quand nos âmes accordées
Aux astres infinis nous rendent tels des dieux.

* programmé pour le festival Picardie-Transdance en juin 2021 (2020 annulé pour cause coronavirus...)

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Mention du Prix du Jury PRIX INTERNATIONAL SPAF

NOMINATIONS

Eve nommait les animaux...
Ta chevelure sera notre dais,
tes flammes étancheront mes larmes,
nos bûchers se feront bruits des pollens.

Mes impatiences nommeront ton pouls,
tu es née pour peindre le présent,
tu sauras vivifier les charrois de la terre,
nos sages ruches se feront folles glaises.

Mes braises nommeront tes joyaux,
tes reins seront notre architecture,
tes mains sculpteront nos abîmes,
nos faiblesses seront nos armes.

Mes bras nommeront tes vallées,
tes flots combleront mes crevasses,
tes tressaillements se feront orages,
nos sommets se feront nos voies.

Mes lèvres nommeront tes vagues,
ta couche coulera vers le fleuve,
ta bouche engendrera mes sources,
nos silences se feront torrents.

Mes souffles nommeront tes voiles,
ta voix cambrera mes souterrains,
ta foi deviendra charbonnière,
*
nos mystères seront mes anges.*

Mes lianes nommeront tes forêts,
ta danse ensemencera l'humus,
tes regards illumineront nos étoiles,
nos échos seront alambics des aubes.
Mes râles nommeront tes chants,
ta volupté gravira l'échelle du temps,
tes épaules jailliront des sables balafrés,
nos nuées feront rosir les soleils bleus.

Mes féeries nommeront tes corolles,
tes perles illumineront nos lunes,
tes saisons magnifieront mon horizon,
nos cœurs seront prunelles de nos soifs.

Mes rêves nommeront tes festons,
tes senteurs sacrées exalteront nos ors,
tes liqueurs poliront mes flèches,
nos mirages se feront océans.

Mes nuages nommeront tes tempêtes,
tes roulis épouseront l'écume de l'éternité,
tes renaissances mystifieront le phénix,
nos flambées seront bacchanales des cieux.

Mes désirs nommeront tes racines,
tes secrets se feront sillages,
ta fleur diaprée exaltera mon sésame,
nos sanglots se feront caravelles.

Mes regards nommeront ton lys,
tes saveurs cisèleront nos diadèmes,
tes creusets de rubis me feront roi,
notre gloire en nacelle te fera reine.
* à mi-parcours, clin d’œil phoniquement humoristique

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Flamme d’argent FLAMMES VIVES

RICHESSES DU SILENCE
classique
Le silence ineffable et velouté des saules
Insuffle ses éclats pour les enfants pionniers,
Célèbre les amants ciselant les épaules,
Et guide les humains dans leurs serments premiers.

Le silence bruissant du doux écho des pierres,
  Son subtil
des murmures et des vents exhalés,
Berce le chant des nids et le bal des lumières,
Échos de paradis et d’univers cachés.
Le silence ingénu, frais, des filles pubères,
Fait palpiter les feux du grenat de leurs sangs,
Épousailles de lave et d’étoiles légères,
Exaltation mystique émergeant d’éthers blancs.

Le silence exalté, source de toutes choses,
Des bourgeons d’univers, des ventres mûrissants,
Germes de nos hymens, sublimes cœurs de roses,
Est désir précieux des printemps languissants.

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Diplôme d’honneur du recueil Apollon d’Or Nyons
dont:


AUBES AMOUREUSES
à la ville d’Albert ex-Ancre (Somme)
Dans un ciel d'aubes pourpres où s'ancre
la calligraphie de nos rêves,
Ce serait une nuit blottie,
parant de feux le pouls des cryptes;
Ô danses radieuses de nos failles
par où s'épousent nos lumières;
Ce serait des mots, des baisers,
émaillant nos peaux et nos âmes;
Ô caresses ailées des anges
exaltant la musique des cœurs;
Ce serait une arche dorée,
alimentant un soleil fauve;
Ô ce feu né d'entre les cendres
qui nomme le sens de nos joies;
Ce serait une fête humaine,
arrimée dans l'onde des hymnes;
Ô mon rêve éveillé dans l'ombre
qui tremble comme une promesse.
Dans un ciel d'aubes d'or où s'ancrent
les fiers sillons de nos unions.

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2ème PRIX Arts et Lettres Bordeaux
et anthologie Dossiers d'Aquitaine

ABÎMES ÉTOILÉS
poésie libérée 6 pieds

Quand nos lumières sont ombres
et signent nos éclairs,

Quand nos sources s'enchantent
et que nos âmes coulent,

Quand nos ailes s'entrouvrent
et que nos diamants brillent,

Quand nos deux chairs palpitent
et que le ciel nous frôle,

Quand nos souffles s'attendent
et que nos fleurs s'exhalent,

Quand nos rives s'unissent
et que nos fleuves grondent,

 

Quand nos sens se font fruits
et que nos vélins chantent,

Quand nos caresses prient
et que nos torches dansent,

Quand nos rires flamboient
et que nos flots déferlent,

Nos yeux se ferment mais
allument les étoiles,

Les lumières et nos ombres
signent nos purs abîmes.

@
 
1er PRIX SPAF
2ème PRIX et publication aux Éditions du Bord du Lot

                            PRÉLUDE...
… ET FUGUE                    
Le soleil a déposé ses longs pinceaux d'or
sur la croisée craquelée des fenêtres muettes;
Nos fibres d'ombres vibrent avec les étoiles
et ton ventre enflamme ce que tu semas en moi;
Du souvenir des nuages de l'étang nacré
s'échappent les harmoniques issues des souffles;
Dans l'étang diapré mais redevenu songeur
brillent nos visages poudrés comme des abeilles;
La mouvante prairie des nuages assagis
balaie d'irisations lilas les lointains monts;
Senteurs troublantes des froissements murmurés
arcs-en-ciel des braises dans le foyer des hymnes
;
La source douce du bruissement des feuillages
rêve d'une demeure pour gerbes de lumière;
Ta chevelure piquetée de rumeurs d'étoiles
éveille nos regards aux couleurs du silence;
C'est l'heure secrète des duvets et des ombres
dans les futaies ambrées et la soie des marbres;
Le chant des yeux succède au poème des nuées
où le reflet des épaules dépose ses oboles;
L'ultime étincelle des corolles des fleurs
embaume l'indolent recueillement des vents;
Nos forêts de trêves roses et d’éclairs bleus
font renaître nos racines de songes et d'ardeurs;

Le clavier ruisselant des galaxies célestes
déploie le mystère de souvenirs infinis;
Dans le secret des lèvres, l'ivresse des chants
écoute l'écoulement du halo des sangs;

Stridulation fraîche de la pluie des embruns
Ce rien de la vibration des sources poètes;
Du diadème d'azur glacial naquit notre Terre
de l'abîme des ondes surgissent nos embrasements.

@
3ème PRIX SPAF, mention au SPL,
primé et publié aux des Éditions du Bord du Lot

À RENÉ CHAR

À l'heure où les lueurs se font braises,
où l'eau des puits enracine nos joies,

À l'heure où l'inconnu fertile nous guide,
où tournoient les saveurs de nos sources,

À l'heure où grésillent les herbes fantasques,
où des cendres perlent les temps féeriques,

À l'heure où les aiguilles du crépuscule
tissent les ombres de nos confidences,

À l'heure où les amants se font enfants,
où les orages renaissent nuages,

À l'heure où se grave l'inimaginable,
où les galaxies sillonnent les cieux,
À l'heure où nos yeux composent des odes,
où les peaux ailées se font profondes,

À l'heure où les paupières se font coquillages,
où les doigts se font musiciens,

À l'heure où les corps impulsent la terre,
où les silences ensemencent les étoiles,

À l'heure où l'immensité turbulente
s'effiloche en ondes séraphiques,

Ce que le feu de nos fleuves hésitait à dire,
le lit de nos mystères l'a permis,
et des diamants durs de la lumière,
sont nées nos plus pures ténèbres.


@
 
1er PRIX
SPAF
APRÈS L'EMBRASEMENT

L'oracle avait gravé d'ambre l'empreinte du temps;

tambours des cœurs sous les peaux d'or,
gouttes de nacre dans les irisations de satin,
reflets d'azur des chauds vaisseaux de liesse,
fruits d'amour cueillis dans l'écume des houles,
brumes bourdonnantes des souffles pacifiés,
ardentes paix des poudroiements perlés,
arômes profonds dans la teinte des chants,
trésors fabuleux des espoirs effrénés
,
lèvres à peine écloses des bouches de corail,
gorges de miel aux éclaboussures lilas,
soleil désarmé par les fièvres sereines,
horizons souriants des étreintes écumantes,
pavots moissonnés dans les jardins secrets,
souvenirs diaphanes des diamants sacrés,
bouquet chamarré des membres assouvis,
feuillages drapés de nos ultimes songes,

L'ambre du temps a gravé l'empreinte de l'oracle.

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C. PROSE POÉTIQUE

1ER PRIX CONCOURS POÉSIE Terpsichore 2021, 2ème PRIX ARTS ET LETTRES de France (Bordeaux), 2ème PRIX Concours littéraire international Le Bleuet international 2021, Diplôme d'honneur de l'Académie Léon Tonnelier, concours Mirabelle 2021)

Nouvelle LES MILLE ET UNE NOTES
(lien direct au site des Nouvelles car texte de plusieurs pages...)


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(modèle pour installation des nouveaux poèmes)
TITRE


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2) CHRONOLOGIE

2021

93)